SCRIPT DOCTOR

Le terme anglais de script doctor désigne, dans le milieu de l’audiovisuel, une personne à qui l’on fait appel pour intervenir sur un scénario afin de l’améliorer et le rendre exploitable. Un terme équivalent français pourrait être celui de consultant scénario.

Français que nous sommes, nous utiliserons donc le terme de consultant scénario. Intervenir sur un scénario en tant que consultant est un exercice délicat. Bien sur, de sérieuses bases scénaristiques sont nécessaires pour appréhender ce rôle: être capable d’identifier les enjeux, de caractériser les personnages, d’ analyser la structure ou le rythme d’une histoire,  est indispensable mais sur ces différents points, je laisse TRUBY, MCKEE ou les frenchy de “la machine à écrire”: ceux la même qui sont intervenus sur La Cité Rose ( sortie le 27 Mars 2013! ) ,vous l’expliquez mieux que moi.

Mais surtout,  le consultant se doit de posséder trois qualités: recul, rigueur et précision.

Le recul d’abord, la première chose que demandent les scénaristes à un intervenant, avoir un œil neuf sur le scénario. Les scénaristes qui écrivent, la tête dans le guidon, depuis plusieurs mois me comprendront. Un consultant se doit d’être une bouffée d’air frais dans l’écriture, dans la réflexion narrative, soulevant les points faibles de celle-ci ou amenant de nouvelles problématiques que les auteurs ne perçoivent plus.

La rigueur ensuite, le consultant n’est pas un auteur du scénario, ce n’est pas son histoire mais, il se doit de connaître l’histoire, les personnages et la structure comme si c’était la sienne. L’investissement de celui-ci doit être au niveau des auteurs. Son analyse doit porter sur tous les points d’un scénario jusqu’à sa mise en page, élément formel s’il en est, mais important quant à la vision globale du scénario et sa fluidité, n’oubliez pas que le scénario est la première chose que voit un producteur…

La précision enfin, ce qui différencie le consultant d’un simple lecteur est la qualité et la précision de ces retours: un simple “j’aime pas” est un peu court… Ses connaissances scénaristiques lui permettent d’expliquer et d’isoler les différents points bons ou mauvais d’un scénario, tel une révélation trop précoce ou un personnage inutile qui n’apportent à l’histoire qu’une surchage pondérale nuisant à son efficacité. A ces différentes pistes de réflexions, le script-doctor ( je déroge à mon patriotisme linguistique ) peut ( ou se doit suivant la sensibilité des auteurs ) proposer des éléments de solutions, de nouvelles voies narratives, tout en gardant à l’esprit que ce n’est pas son histoire.

Récemment, nous sommes intervenus sur le scénario de Barthélémy GROSSMANN et David RIBEIRO: Freedom. Je profite de cela pour aborder un dernier point: le relationnel entre le ou les auteurs et son consultant. L’écoute et la confiance doivent être réciproque entre ces différents protagonistes. L’un doit accepter les critiques et les retours sans en prendre ombrage ( contrairement à une idée répandue, les scénaristes ont un égo! ) et le consultant doit savoir cerner les attentes des auteurs: un dialogue franc doit pouvoir s’installer car la finalité de chacun est la même: faire un bon scénario!

Chez Watchyourback, notre truc c’est de raconter des histoires mais aussi de les aider à grandir…

Sébastien B

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